C’était une belle soirée

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Mesdames et messieurs, et les autres, pour la première soirée Stammtisch de l’Atelier Auckland, nous avons servi un cock a leekie, qui est une soupe écossaise ancestrale au poulet et aux poireaux, que j’ai cuisiné avec une volaille qui avait couru dans un pré à quelques kilomètres d’ici. C’était ça le goût si particulier du bouillon et la tenue de la chair. Venaient ensuite des canapés aux fromages, créés du métissage d’une recette franc-comtoise avec les fromages respectueux de nos terroirs des Cantons de l’Est. Nous vous conseillons les produits de la Fromagerie Caitya. Encore merci pour le pied à l’étrier. C’est ma belle mère qui a cuisiné le boeuf à la bière, parce que même si mes carbonades d’européen ont toujours eu un vif succès, personne ne m’a jamais dit : Oh, ça goûte comme celui que faisait ma grand-mère! C’est très important pour moi, le matrimoine, et je pense qu’on gagnerait tous à prendre conscience, honorer, et faire quelque chose de notre matrimoine.
J’ai fait des légumes racines pour accompagner la viande, parce qu’on est au Canada et que le printemps est assez théorique, et pour le moins tardif, court, soudain et éruptif. Mais pour l’heure, il y a de la neige sur les parterres du jardin français et il a fallu déblayer les allées pour que les convives ne mouillent pas le bord de leurs kilts. Mon choix s’est porté sur trois purées arrangées : pommes de terre aux noix de Grenoble, choux-fleur aux noisettes et carottes au curcuma. Merci à IGA Cookshire qui a allégé le prix de mon panier.
Bien sur plus personne n’avaient faim depuis longtemps, mais toutefois, tout le monde a mangé ses desserts. C’était un classique de la cuisine écossaise, le shortbread, que j’ai patissé en cup, garnie pour l’une de l’appareil de la légendaire tarte au citron de ma mère, et pour l’autre, de sa non moins légendaire ganache que j’ai travaillé avec du gros sel.
Voilà pour les nourritures terrestres. Il y en a eu aussi des spiritueuses, et des spirituelles. Par exemple, monsieur Ross est venu avec sa cornemuse et a eu la gentillesse de jouer quelques mesures du Scotland the brave entre la poire et le fromage, pourrait-on dire !
Sylvain a fait pétiller les conversations et virevolter les assiettes les verres, en faisant claquer les plis de son kilt (Wallace). C’était un très beau moment !
Lors de ces soirées, il n’y a pas plus de 12 convives, comme un service de table, parce que c’est exactement le bon nombre pour réussir un voyage culinaire lors d’une rencontre humaine. Ça c’est l’esprit.
Art, art de la table et art de vivre.
L’évènement a lieu le premier samedi du mois, mais il reste 7 places pour celui du 5 mai, et 6 pour celui du 2 juin. Je suis bien content que ça marche, ce qui me permet d’annoncer que si vous êtes une douzaine qui souhaitez festoyer dans une galerie d’art avec vue, Sylvain et moi pouvons organiser votre soirée à la date de votre convenance.
À l’Atelier Auckland la belle saison a commencé, et nous la souhaitons radieuse !

 

Auteur : Luc Pallegoix

Artiste et auteur